Doit-on tout pardonner?

pardonner

Nous sommes toutes confrontées, au moins une fois dans notre Vie, à un acte blessant voire humiliant de la part d’une autre personne. Il peut s’agir de paroles injurieuses ou d’actes que l’on considère comme impardonnables. Trahison, agression, violence physique ou psychologique, abus sexuel, discrimination sexiste ou ethnique … Nous sommes alors comme “marquées au fer rouge” au plus profond de notre être. Nous essayons de continuer à avancer avec ces blessures émotionnelles fortes mais ces souvenirs nous emprisonnent dans un état de solitude, d‘incompréhension et de tristesse. Dans les livres consacrés au développement personnel, nous lisons qu’il faut pardonner pour se reconstruire et s’épanouir à nouveau.

Mais peut-on tout pardonner? Comment pardonner un viol, une agression physique, une trahison, un adultère …? Peut-on pardonner tout en respectant la souffrance vécue et notre identité? Doit-on nécessairement tout pardonner?

Je vous confie ici mes pas sur ce Chemin intérieur exploré pendant plusieurs années afin de me libérer d’un abus sexuel vécu durant mon adolescence. Ce chemin je l’ai emprunté à chaque fois que je me suis sentie profondément blessée émotionnellement (et ça peut arriver souvent lorsque l’on est hypersensible!) et je l’emprunte avec les femmes que j’accompagne au quotidien.

1. Pardonner: un long Chemin.

Pardonner, c’est “accorder le pardon d’une faute commise, ne garder aucun ressentiment d’une injure reçue” (définition Wiktionnaire).

Le pardon, c’est aussi une valeur fondatrice de toutes les religions occidentales monothéistes. Elle est en effet très présente dans la religion catholique qui nous invite à aimer quoiqu’il arrive et à accorder le pardon pour toutes les choses négatives qui nous arrivent.

Pourtant, dans les faits, ce n’est pas si simple!

Pardonner, ce n’est pas faire semblant d’avoir dépasser l’épreuve. Ce n’est pas non plus nier ou oublier ce qu’il s’est passé. Pardonner représente un vrai travail sur soi qui peut prendre beaucoup de temps. Un processus complexe qui se fait en plusieurs étapes et souvent accompagné.

On peut dire que l’on a pardonné quand on ne ressent plus de ressentiments, de regrets, de désir de vengeance à l’encontre de la personne qui nous a blessé. L’épreuve est dépassée. On peut même se sentir grandie, plus mature après cette épreuve car on en a tiré les enseignements.

Alors, quelles sont les étapes de ce long processus?

pardonner long chemin

2. Pardonner: identifier et exprimer ses émotions.

La première réaction quand nous sommes victimes d’un acte impardonnable est de fuir voire de s’isoler. Nos émotions sont trop fortes et se mélangent. Ce qui nous conduit à une grande incompréhension qui se confond avec la peur et la colère.

Pourquoi moi? Dans le cadre des abus sexuels, cela peut même conduire à un sentiment de honte et de culpabilité.

Ce stress est trop fort et l’organisme préfère bien souvent mettre de côté, oublier pour se préserver et se maintenir en équilibre. En effet, quand nous vivons un choc émotionnel trop fort, le cerveau appuie sur un interrupteur (l’amygdale) pour faire disjoncter le système nerveux. Il se dit : “c’est trop difficile à gérer sur le moment, je mets de côté. Je reviendrai dessus plus tard, quand le calme sera revenu.” Malheureusement, cela reste trop douloureux et il est difficile voire impossible de revenir dessus.

Lors de mes accompagnements personnalisés, j’ai rencontré une femme qui, enfant,  avait été violée à plusieurs reprises par son père. Elle a attendu plus de 40 ans avant d’en parler. Je lui ai demandé comment elle a tenu toutes ces années sans rien dire. Elle m’a répondu: “J’avais oublié!  Je voulais oublier car c’était trop douloureux d’y repenser!”

La première étape du pardon consiste donc à trouver le courage de revivre la situation offensante et de mettre des mots dessus. A ce stade, il est primordial de trouver une personne de confiance ou de consulter un thérapeute qui vous écoutera sans porter de jugement.

Si cela vous paraît encore trop compliqué, vous pouvez écrire ce qu’il s’est passé et surtout comment vous avez vécu cette situation. Un premier pas pour extérioriser ce que vous gardez au plus profond de vous.

Le fait d’identifier les émotions ressenties et qui persistent permet de se différencier de nos émotions. En quelque sorte, nous nous détachons du décor, de la scène pour comprendre objectivement ce qu’il s’est passé et prenons du recul.

pardonner exprimer ses émotions

3. Pardonner: comprendre le comportement de l’Autre et son propre comportement.

Comprendre ne veut pas dire excuser.

Comprendre, c’est prendre du recul et donner du sens au comportement de l’autre. Par exemple, cette dame me confiait qu’elle avait appris bien des années plus tard que son père avait lui aussi été violé durant son enfance.

Il est aussi important d’accepter son propre comportement. Souvent, on culpabilise en se disant: “J’aurais du faire comme ça. Je n’aurais pas du me laisser faire…“. N’oublions jamais que nous faisons toujours du mieux qu’on peut. Une enfant de 10 ans reste une enfant de 10 ans! Elle a fait tout ce qu’elle a pu avec les moyens qu’elle avait à l’époque. Son éducation, son environnement familial ne lui a pas permis de s’exprimer et si elle l’avait fait, aurait-elle été entendue?

La deuxième étape du pardon consiste donc à pardonner à l’autre mais aussi pardonner à la petite fille, à la jeune femme de l’époque qui a de toutes façons a fait du mieux qu’elle pouvait.

pardonner comprendre

4. Pardonner: se respecter et se reconnaître des droits

Pardonner n’exige pas toujours la réconciliation.

Il est possible d’exprimer ses ressentis, de recevoir des excuses, de comprendre le comportement de l’Autre dans un contexte donné. Mais, ce qui est primordial, c’est de se respecter et de se reconnaitre des droits. Si mes droits sont bafoués ou si je me suis sentie non respectée, j’ai le droit de me préserver de cette personne. Rien ne m’oblige à me réconcilier avec elle et à faire tout comme avant ou pire faire semblant.

C’est en respectant ma propre intériorité et en restant alignée avec mes propres valeurs que je vais pouvoir avancer dans la Vie. J’apprends ainsi à me préserver des personnes auxquelles je n’ai pas confiance et ainsi des situations blessantes. J’ai le droit d’exiger le meilleur pour moi-même et de me tenir à distance des personnes et des situations qui me font du mal.

Je choisis et apprécie encore plus la compagnie des personnes qui me font du bien.

La troisième étape consiste donc à reprendre confiance en soi et en ses compétences. Reprendre confiance en réapprenant à s’aimer telle que l’on est et à se valoriser. Là aussi, l’accompagnement est important car c’est un travail difficile toute seule. Ainsi, on apprend à se respecter et à s’entourer des bonnes personnes.

4. Pardonner: c’est dire Merci!

Enfin, c’est la dernière étape et peut-être la plus difficile! Trouver le positif à cette situation.

Pour vous aider, voici quelques questions:

– pourquoi s’est arrivé à ce moment là?

-qu’est-ce que cela m’a appris?

-comment je peux m’appuyer sur cette marche pour m’élever?

-est-ce que je peux dire “merci, j’ai eu de la chance que ça m’arrive à ce moment là car cela m’a permis de prendre conscience que quelque chose n’allait pas”?

“Je te remercie la Vie pour cette épreuve qui m’a permis de me dépasser, de grandir et de transformer ma Vie. Ainsi, je suis une femme plus forte qui se respecte et qui apprécie d’autant plus les belles choses. En transformant cette situation en une sensibilité colorée, je peux à mon tour témoigner, me concentrer et contribuer avec ma plus belle énergie”

A ce stade, vous pouvez dire que vous avez pardonné tout en vous respectant….

Face à une blessure émotionnelle profonde du passé, ne restez pas seule! Je reste disponible et à votre écoute lors d’une séance découverte offerte.

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